La larme de Janvier

Cher journal des émotions,

Porté à la famille, il est souvent inconditionnel. Pourtant, être à la hauteur de cet amour n’est pas une évidence. Surtout lorsque la responsabilité de l’entretien de ce sentiment repose en grande partie sur soi, et que pendant plusieurs années, les occasions manquées se multiplient. Ce fut mon cas avec le plus âgé de mes neveux. En ce début d’année, ce garçon fut indirectement à l’origine d’une larme intérieure inattendue.

La distance physique qui nous a toujours séparé ne nous a pas empêché de développer une excellente relation. C’est un préadolescent démonstratif depuis son enfance. Le remarquable travail éducatif de ses parents n’y est sans doute pas étranger. Malgré l’aspect anodin que cela puisse avoir, j’ai sans cesse été très touché par le fait qu’il prenne parfois les devants pour me dire qu’il m’aime et que je lui manque. Que nous ne nous soyons pas vu depuis plus de deux ans, il en va de mon entière responsabilité. J’ai failli. Les circonstances professionnels et familiales qui conduisirent à l’annulation de nos vacances ensemble deux fois ne peuvent excuser mes manquements. Ma crainte que cela affecte notre relation a grandi au fil des mois. Aujourd’hui, lorsque je lui dit qu’il me manque, il me répond par la réciproque. Ce que j’ai tendance à prendre pour une simple politesse. Car, je me laisse persuader par ma culpabilité qui me martèle qu’il finira par m’en vouloir, si ce n’est pas encore le cas.

Ce 7 janvier, en échangeant les voeux avec sa maman, celle-ci m’écrivit que je manque à son fils. Je lui répondis que mon vol pour aller le voir est réservé. En pleine rédaction d’un e-mail professionnel, je m’arrêtai en réalisant que je venais d’avoir une confirmation fortuite que la relation avec mon neveu n’a pas été altérée. Savoir que je lui manque au point qu’il en parle à sa mère ne me laissa pas indifférent. Je fus touché au point de verser intérieurement une larme silencieuse. Cela m’en dit long sur mon degré de sensibilité, et par extension, mon degré de vulnérabilité.

Il fut un temps où j’assimilais la vulnérabilité à une faiblesse qu’il fallait combattre à tout prix. C’était avant de me rendre compte qu’être vulnérable n’est ni un défaut, ni une qualité. C’est un simple élément de la nature humaine. En l’embrassant en plein coeur, j’ai appris en tirer le meilleur. Me laisser couler cette larme intérieure de janvier me permit d’améliorer ma conscience de la hâte mutuelle pour ces retrouvailles. Je ne pouvais espérer une meilleure préparation pour savourer les moments ensemble. Il n’eut pas la moindre déception après mon séjour avec lui et sa famille.

2 réponses sur « La larme de Janvier »

  1. Jean

    L’amour de la famille on la prends souvent pr acquis alors que comme tt autre amour elle ne peut etre plus belle si elle est bien entretenu!Ainsi le lien de sang devient plus fort et plus significatif!Ngo incuti ikurutira umuvandimwe ariko ntakiruta umuvandimwe ukubereye incuti!
    Continues ds cette binne voie et ns autres prenons example a toi!

    Aimé par 1 personne

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