Les étoiles de Juin et juillet

Cher journal des émotions,

Pendant trois ans, il fut mon pays d’accueil. L’île des paysages du Connemara, la nation du trèfle porte bonheur, le pays de la Guinness et des bons vivants. C’est avec nostalgie que je quittai Dublin en ce mois de juin. Ce fut une nostalgie heureuse car la perspective des nouvelles aventures était alléchante.

Dublin la petite, Dublin la cosmopolite. Signe particulier : a une église et trois pubs à chaque coin de rue. De mauvaises langues pourraient en conclure que c’est parce que les irlandais ont besoin de prier excessivement et de boire sans modération pour supporter la pluie et le vent présents toute l’année. En réalité, les irlandais sont le soleil de leur pays, par leur bonne humeur et leur convivialité. Ils peuvent t’aborder et te parler chaleureusement à un arrêt de bus, sans que tu ne les connaisses ni d’Adam ni d’Eve. L’anecdote de ma première et dernière Guinness illustre leur état d’esprit. C’est un sans-abris qui me l’a offert dans un bar. Même si je ne suis pas un amateur de bières, je me suis retrouvé à accepter par politesse. Quelques heures après, j’appris que cette personne avec laquelle je venais d’avoir une conversation passionnante, était sans-abris. Une remarquable leçon de générosité dans cette petite ville cosmopolite.

En m’envolant pour Toronto, je savais que je continuerai à baigner dans le multiculturalisme. Dans une métropole, à plus grande échelle. Quelle ne fut ma surprise agréable de voir que nous avions des étoiles qui nous suivaient dans cette ville. Au milieu de cette forêt de gratte-ciel, je ne pensais pas retrouver des personnes aussi avenantes que les irlandais. Dès notre descente d’avion, une première aventure nous attendait, moi et ma partenaire. Une aventure où concouraient la chance, la générosité et la perspicacité. Oublier mon téléphone sur le siège arrière du taxi, telle fût ma maladresse en arrivant à notre logement. Après avoir tenté de retrouver la compagnie de taxi, tout en multipliant appels et emails destinés à l’aéroport et à mon téléphone pendant plus d’une heure, ma chère partenaire eut l’idée de retourner à l’aéroport pour essayer de retrouver le chauffeur qui nous avait déposé. Hagard et occupé à m’apitoyer sur mon sort, l’analyse et la réflexion ne faisaient guerre partie de mes domaines de compétences. L’aide du deuxième chauffeur qui nous amena à l’aéroport fut précieuse. Sa présence d’esprit, sa gentillesse et sa perspicacité nous conduisirent à l’air de repos des chauffeurs de taxi de l’aéroport. Un endroit qui n’est pas accessible au public. Notre premier chauffeur y prenait sa pause. Mon téléphone m’attendait sur le siège arrière, alors que trois clients y étaient passés après nous. Mon soulagement fut à la hauteur de notre immense chance.

Depuis, nos étoiles canadiennes continuent de veiller sur nous. Habiter en centre-ville, au bord du lac est une fortune dont nous ne pouvons qu’être reconnaissants. Par ailleurs, signer chacun un contrat de travail, un mois jour pour jour après notre atterrissage à Toronto fut certainement le clin d’œil le plus éclatant que nous adressa notre étoile nord-américaine de juillet.

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